Rire, un outil de management en période de crise
Rire universel
Le rire est provoqué par le comique et l’humour. Il est communicatif, transmissible, facteur de lien social et d’appartenance à un groupe. Il sert aussi à échapper au quotidien et à reprendre une bouffée d’oxygène. L’être humain rit 12 fois moins seul qu’en présence d’autres personnes, le rire a un rôle social. Selon les chercheurs en psychologie cognitive, les mêmes parties du cerveau sont activées par une histoire drôle racontée. Le rire est en général déclenché quand on accumule une tension. Au Japon, les gens se forcent à rire lorsqu’ils sont soumis à une peur irrationnelle. Le rire relâche des hormones qui contrent les effets du stress, rend joyeux et fait savoir qu’il n’y a pas danger. Selon l’étude de Marco Sampietro, professeur à l’université Bocconi, à Milan Français et Italiens aiment rire des autres, mais pas des religions. Américains, Allemands et Japonais apprécient les jeux de mots, moins l’humour à connotation sexuelle. L’auto-dérision est un “sport” britannique, américain et japonais. Dans la gestion des conflits, il fait passer des messages de façon indirecte, en atténue la brutalité ou l’agressivité, et dans la négociation, à décrocher un contrat.
Rire de leadership
C’est aussi un instrument de leadership grâce aux rires et aux sourires, le dirigeant réduit le stress de ses collaborateurs et élève leurs performances. L’humour améliore la créativité, favorise les “associations mentales inhabituelles”. Mieux vaut se méfier quand même, l’humour peut aussi réduire la perception du risque et masquer une incertitude, des tensions au sein d’une équipe ou un manque d’organisation, et à l’international, mal interprété, devenir une bombe à retardement.
Rire, outil de ressources humaines
Le rire en entreprise se pratique beaucoup au Japon, aux Etats-Unis, au Canada et en pays scandinaves. Les gestionnaires de grands groupes internationaux gèrent ainsi le stress des collaborateurs et les aident à exploiter tout leur potentiel. Les entreprises françaises découvrent le rire comme outil de ressources humaines. Il est évident que le rire apporte des bienfaits pour l’individu et l’entreprise : diminution de la gestion du stress, sensation de bien-être et détente, amélioration de la confiance en soi et de la communication, énergie démultipliée, optimisation pour la reprise des activités et meilleure concentration, adaptation du comportement aux relations professionnelles, amélioration de l’atmosphère de travail.
Humour à consommer sans modération
L’humour apporte un leadership renforcé, améliore la compréhension des messages, suscite la cohésion d’équipe et la convivialité. Au moment où la conjoncture économique et l’ambiance au travail avec les restrictions budgétaires, les mutualisations de moyens, les suppressions de postes, les plans sociaux… le rire et l’humour sont des alliés des dirigeants et des leaders. Le dirigeant en période de crise doit sortir du jargon qui anesthésie les troupes, et les secouer pour les réveiller et les dynamiser. Le rire partagé soude les équipes. Marco Sampietro, professeur à l’université Bocconi, à Milan, auteur de la thèse « Humor in International Project Teams » révèle tous ses bienfaits du rire. Avec le rire, le dirigeant crée une bonne ambiance de travail de manière homogène entre des personnels divers, des diplômes de toute nature, des services antagonistes, des personnalités multicolores. Le rire est fédérateur, il touche l’esprit, le coeur et les tripes. En période de crise, qui exige des sacrifices, des efforts, des changements, le rire et l’humour dédramatisent et soulagent les angoisses, et fédèrent les personnels. Avec de l’humour on peut faire passer des messages et dédramatiser des guéguerres entre équipes, faire prendre du recul aux équipes après un fusion ou une réorganisation.
Rire performant
Marco Sampietro, dans sa thèse détaille les performances de l’ironie pour résoudre un conflit ou une négociation. Plus encore, au moment de la mondialisation, l’humour au sein des entreprises a une portée universelle. Une étude auprès de quelque 2.000 salariés du G8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni, Russie), met en évident les bienfaits du rire pour l’entreprise : mémorisation boostée des concepts et consignes, agressivité diminuée entre collègues et résistance renforcées aux agressions extérieures. Bien évidement, faire rire est un don ou s’apprend au risque de vexer, blesser, démobiliser.
Le bon rire en management est fédérateur et réconciliateur
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il faut souvent se dépécher de rire de tout pour éviter d’en pleurer, le sourire fait travailler 10 muscles,” faire la gueule” en fait travailler 45; soyons feignant, sourions. La vie est trop courte pour la prendre au sérieux
Bonjour, Parce qu’on n’a pas toujours l’occasion et le ou les partenaires pour rire, il me semble qu’il existe une sorte de rire suprême, non parce qu’il coiffe les autres mais parce qu’il les contient et peut agir en situation “extrême” : c’est la jubilation profonde du fait d’être vivant. Cette sensation -que d’autres appelleront extase, éveil-, et à quoi l’on parvient par exemple via une pratique méditative et, au fond, une attitude prédisposant, je voudrais l’illustrer par une image sans équivoque et qui ne sentira donc le souffre d’aucun comportement pouvant paraître trop singulier ; cette image, c’est celle d’un bébé gazouillant… Je suis persuadé que, tout en acquérant notre maturité responsable, nous avons droit à cette étincelle première. D’une certaine façon, je milite donc pour que, déjà, nous nous donnions ce droit afin de trouver ou retrouver l’accès à cette sensation intime et jubilatoire ! Il semble en effet que c’est de là que naît la joie partagée. Eh bien, autorisons-nous d’y avoir accès même seuls et parfois même au milieu des tourments.
Serge
Et ce n’est pas le P.H.A.R.E, le Parti de l’Humour Attitude et d’en rire Ensemble, qui vous dira le contraire Le P.H.A.R.E, qui n’est en rien un parti, mais se veut un parti de rien et une partie du tout, un parti d’en rire, certes, mais non une simple partie de rire, un parti pris sur la possibilité de changement mais non une fin de partie d’échec ni de parti sans laisser d’adresse! Son hymne officiel: ” Faites l’Humour, pas la gueule”
C’est terrible de lire “le rire : un outil de ressources humaines” ! Cela veut dire quoi ? Qu’on peut presser les salariés comme du citron, pas grave, il y aura un stage de rire pour réparer ? C’est exactement le genre d’article qui me met en rogne. Le rire est émotion, partage, il permet de dédramatiser, prendre du recul, il libère. Une organisation, quelle qu’elle soit, ne peut vivre que par son facteur humain. « Pour qu’une équipe soit performante, il faut qu’elle ose dire ses peurs et ses besoins et qu’elle renonce à avoir raison à priori » (Will SCHUTZ “L’élément humain”). Par extension, c’est une équipe où chacun peut métacommuniquer, y compris et surtout son manager.
On peut voir ça commme une manipulation des travailleurs…..ou se dire que si l’ambiance au travail est détendue et qu’on prend le temps de rire tout le monde se sentira mieux ….et travillera mieux !..non ?!
Je trouve que l’article est une ode en l’honneur du rire dans les équipes, et je ne peux qu’y souscrire … avec joie et sincérité ! Ce qui est moins drôle, c’est le risque de confusion entre l’effet et la cause. Ils existent de vraies équipes où on ne rient pas. Mais quand le rire et l’humour sont présents dans une équipe, c’est un marqueur fort de la présence d’une complicité, d’un partage plus poussé qu’une simple liste de tâches pour un projet. L’humour peut être aussi destructeur. Récemment, j’ai voulu faire un trait d’humour avec des interlocuteurs (distants, ce qui ne facilite pas les choses) avec lesquels je travaille depuis des mois. Piqués au vif, ils ont pris ma “pique” (qui se voulait amicale) pour du sarcasme et ils n’ont pas apprécié du tout, leur “chef” non plus d’ailleurs … Symétriquement, ce n’est pas parce qu’on va rire ensemble qu’on forme une vraie équipe. Par exemple, je ne forme pas une vraie équipe avec toutes les personnes qui écoutent Nicolas Canteloup le matin sur Europe ! Même si on pourrait commencer une éventuelle relation sur une touche sympathique … Enfin, il faut faire aussi attention aux généralisations abusives et aux contradictions de l’article. On lit “au moment de la mondialisation, l’humour au sein des entreprises a une portée universelle”, sauf que les lignes précédentes montrent bien que les français, anglais, américains, allemands, … ne rient pas du tout des mêmes sujets. Rassurez-moi, après la “mode des suicides” il n’est quand même pas question de lancer la “mode de la crise … de rire” ? (MDR dirait mon fils
Alain Guercio, e-media management
Il est intéressant de voir sur la même une du jour cet article et un autre, “Cadres sur Facebook : souriez, vous êtes scrutés !” Si le rire est bon pour la santé et si pas, au moins pour le moral et ce, depuis la nuit des temps, comment envisager un management par le rire? Il y a une différence entre avoir un comportement managérial qui permette la détente par moments et la “gestion du rire sur commande”! Et pourquoi pas gérer un élément encore plus essentiel dans la vie des employés… leur respiration? La moyenne est d’environ 16x/min avec des inspirations en 2 temps et des expirations en 3! En cas de surpopulation dans des lieux exigus comme les salles de réunion, imposer une apnée de 60 sec toutes les 3 min afin de conserver une bonne oxygénation de la pièce … Jusqu’où va-t-on aller dans la tentative de contrôle des comportements? La démarche inverse, inviter à l’engagement et le respect des besoins de chacun (pas des envie) ne sont-ils pas plus adéquats?
Etre capable de rire est signe de liberté d’esprit !…quand l’esprit est crispé…on ne rit pas. Le rire est communicatif, relaxant, remontant, régénérant des défenses immunitaires et capable de soigner beaucoup de maux !…sic. une ancienne infirmière et thérapeute….par le rire ! Ne me croyez pas: essayez ! http://www.webady.fr/03/05/2009/court-metrage-merci-bodhisattva-dans-le-metro/
Doit-on vraiment “exploiter” le rire en temps que tel? Ce n’est pas parce que les Japonais rient en situation de danger ou de stress qu’ils sont plus heureux dans leurs entreprises… Le rire ne devrait pas être vu comme un outil mais comme un indicateur, une étape vers quelque chose de plus grand: Le sentiment d’appartenance, d’implication et de bonheur du salarié. Car le rire n’aura absolument pas le même effet au regard de l’état d’esprit de la personne.
J’aime beaucoup ce que vous avez écrit Thomas. Si rire des autres peut être destructeur, rire ensemble est puissant. Le rire nous ramène à l’enfant qui est en nous, à notre être primitif. Je me suis souvenue d’un sketch de Raymond Devos et je l’ai recherché pour le partager avec vous tous : http://boutique.ina.fr/video/divertissement/humour/I00008486/raymond-devos-le-rire-primitif.fr.html. Assez symbolique d’ailleurs ce sketch.
Le rire permet de maintenir au plus haut niveau nos aptitudes de maîtrise de soi, d’analyse, de hiérarchisation, d’anticipation, de décision, de concentration et de mémorisation. Notre cortex préfrontal, responsable de toutes ses activités, doit régulièrement pouvoir compter sur des lâcher-prise pour se “détendre”. Sans cela, il se fatigue et il perd ses aptitudes à gérer nos pulsions, nos émotions et nos pensées. Les activités de lâcher-prise doivent être intégrées dans la planification de nos tâches pour nous aider à donner le meilleur de nous-même tout au long de la journée (y compris en dehors des activités professionnelles). En tant que coach et directeur de société, je recommande très souvent une consultation de quelques minutes d’un site humoristique après une activité très mobilisatrice du cortex préfrontal (réunion difficile, négociation délicate, prise de décision stratégique, étude d’un dossier complexe, gestion d’un conflit ou d’une crise…). Il faut cependant faire la distinction entre un lâcher-prise et un “pétage de plomb”. Un lâcher-prise se réalise toujours dans un cadre (de lieu, de moment, de personne(s) et de façon de faire). Le “pétage de plomb” sort du cadre. Essayer de battre le record du tour en karting = lâcher-prise. Se faire flasher à plus de 200 km/h sur autoroute = “pétage de plomb”. Consulter un site humoristique pendant 3-5 minutes = lâcher-prise (si ce n’est pas pendant une réunion ou au cours d’un entretien ou encore si cette action n’est pas réalisée tous les demi-heures auquel cas c’est un pétage de plomb). Une histoire drôle peut faire rire ou pas. Le cadre nous évite de nous tromper.
Le rire un remède idéal ? si on a le coeur à rire c’est la manifestation que tout va bien. Si on a pas le coeur à rire et que l’on rit quand même, cela fait du bien et détend. Mais dans ces stages de rire, souvent on pleure, et on se met en colère…car cela derrière les émotions socialement valorisées, se tiennent celles qui sont les nôtres et qui forgent une partie de notre identité. Et c’est tant mieux ! elles nous relient au monde et à nous mêmes. Si on les écoute sans les détourner, nous pouvons comprendre pourquoi elles sont là, en tirer les enseignements et prendre les bonnes décisions. Pour être davantage en contact avec ses émotions , faire un stage de psycho-clown est pertinent, et touchant par la sincérité des expressions qui se transforment dans l’art de l’improvisation.
C’est un trés bon article. J’apprécie la maniére dont il est écrit! Il est vrai également que le rire dédramatise et soulage les stress ou le stress du quotidien!